En 2020 Le Complexe sportif de la Villette a été sélectionné pour la 11ème édition du prix Building of the Year 2020 organisé par le site ArchDaily.
En 2019 Le Complexe sportif de la Villette était sélectionné pour les ADC AWARDS. Les ADC Awards récompensent les réalisations les plus remarquables et valorisent la dynamique de la création architecturale en France.


Maître d'ouvrage : Métropole Rouen Normandie
Équipe : Atelier féret & frechon architectes mandataires, Reber (économiste) Sicre (structures) Technic Consult (fluides) Sneta (VRD et paysage) Impact Acoustic (acoustique)
Montant des travaux : 4,25 M€ HT
Surface : 2063 m2 SU
Programme : Le complexe sportif de la Villette loge 2 associations distinctes : un club de Judo et un club de force athlétique, qui mutualisent un hall/club house, une salle de réunion, et des services communs. Le club de Judo accueille ses licenciés en groupes et plages horaires par âge et ou par sexe. Le club de force athlétique est accessible à ses adhérents en libre-service.
1 Halle foyer (170 m2), 1 salle de réunion, sanitaires publics, local entretien, espace détente, bar.
1 Dojo de 57 m x 16 m = aire de combat de 700 m2, tribune 165 spectateurs, 4 vestiaires douches, sanitaires, local de stockage, locaux de pesée H et F, bureaux, infirmerie.
1 Salle de Force athlétique 29 m x 19 m, bureaux, vestiaires douches, sanitaires.
Aménagements extérieurs : parking automobile 100 places, aménagement paysager, gestion des eaux pluviales.
Qualité environnementale :
Opération HQE sans certification, RT2012 -20%, Isolation par l’extérieur, double flux, chaudière à condensation, Récupération des eaux de pluie.
Le complexe sportif de la Villette est construit en bordure du carrefour d’entrée est de la commune de Caudebec-Lès-Elbeuf. Il occupe l’extrémité sud d’une prairie arborée de 2 ha environ, dernier vestige non urbanisé du Parc de l’ancienne clinique Saint Côme aujourd’hui disparue. Cette prairie offre un terrain de jeux et de promenades aux habitants des lotissements pavillonnaires qui la cernent. Elle permet également un raccourci pratique vers le Centre de Loisirs et l’arrêt de bus déjà présents autour du carrefour d’entrée de ville.
Le bâtiment abrite les locaux de 2 associations sportives distinctes : un club de judo et un club de force athlétique, lesquels partagent Hall, Club-house, Salle de réunion, et diverses commodités.
Le programme imposait la création de 100 places de stationnements automobiles sur la parcelle, qui sont réparties de façon à préserver les qualités paysagères du site et reconduire le maillage des cheminements piétons observé avant construction. A cette fin, l’aire de stationnement est scindée en 2.
Le contexte pavillonnaire n’offrait aucune aspérité qui initie une réflexion sur le traitement architectural de la nouvelle construction. Nous n’étions pas non plus convaincus que l’expression de la destination publique et sportive de l’équipement suffise à elle seule à soutenir une réponse urbaine au site. Enfin le bâtiment devait offrir aux judokas un cadre et une ambiance adaptés à l’exercice de leur art («l’esprit judo») en évitant l’écueil d’un orientalisme artificiel. Portés par les qualités presque forestières du site, son caractère finalement insulaire, nous avons l’intuition de l’efficacité architecturale et urbaine d’un pavillon bas regroupant sous un même toit l’ensemble du programme, posé en gardien hiératique de l’entrée sud du Parc. Une seconde intuition concernait l’invention d’un paysage intérieur centré sur la présence sanctuarisée du tatami, et rassembler les locaux des 2 clubs dans un tout supérieur à la somme des parties. Quelque chose de l’essentialité de l’expression extérieure et de la spiritualité de l’espace intérieur de la Chapelle des Bois de Gunnar Asplund nous semblait résumer la posture à adopter, et à adapter à un bâtiment civil. Le travail de conception ne s’est jamais éloigné de ce guide initial.
Un pavillon unique loge l’ensemble du programme, sans distinction évidente de parties, ni affichage de l’agencement intérieur. L’absence de ces signes profite à l’expression sculpturale des volumes sur le fond boisé du Parc, et de leur matérialité rustique offerte à la patine du temps. Le plan distribue cependant les locaux de chacune des 2 associations de part et d’autre du Hall et du Club-house communs, également contenus dans le volume de la construction. L’organisation et l’orientation identiques des salles sportives et des locaux annexes de chacun des 2 clubs assurent l’unité du pavillon. Cet agencement est dérangé par le déhanchement des salles sportives de part et d’autre du Hall. Le pli imprimé à la géométrie du plan pointe un bouquet de séquoias (autre vestige de l’arboretum du Parc) situé dans la perspective du Hall. Ce pli dynamise les lignes intérieures et extérieures du pavillon, dont le volume fait front au carrefour coté entrée, pour s’effacer librement vers le fond du Parc.
Le travail des coupes s’attache à résoudre la répartition des prises de jour, le filtrage des vues sur l’extérieur, et la distribution intégrée des installations techniques. Deux sheds longitudinaux construits en surélévation des longs-pans des salles sportives captent des lumières ensoleillées à l’est et à l’ouest. Les cimaises intérieures des sheds, uniformément blanchies, réfléchissent ces lumières sans incidence directe inconfortable sur les aires sportives.
Les appentis des locaux annexes et du porche d’entrée sont adossés aux volumes surélevés des sheds, de part et d’autre des salles sportives. Une même composition règle le dessin de toutes les élévations :
- Une galerie vitrée basse ceinture le bâtiment et distribue des vues continues sur l’environnement du Parc. Ces vitrages sont doublés d’un claustra bois dont le rideau contient l’espace intérieur, filtre les lumières, et protège des regards intrusifs.
- Une couverture zinc largement débordante et débarrassée de gouttière verse les eaux de pluie à distance des pieds de façade, sur des noues de collecte et d’infiltration empierrées.
- Les volumes aveugles du dos des sheds, appareillés de briques noires, tendent leurs lignes d’acrotère à hauteur des des coteaux boisés de la vallée de Seine qui ferment les horizons nord et sud.
Les pignons affichent sur le carrefour au sud et le Parc au nord le profil caractéristique de la coupe comme le génome formel de l’identité du pavillon.
A l’art du secret distillé à l’extérieur, s’oppose le travail de mise en scène du paysage intérieur.
En réglant la question fonctionnelle de séparation et de distribution des locaux des 2 clubs, l’implantation centrale du Hall et du Club-house ouvre une perspective de 80m sur l’enfilade des 3 grands volumes intérieurs.
Passée l’ombre du porche d’entrée, la luminosité tamisée du Club-house invite à l’observation des salles sportives dont le spectacle est rendu silencieux par les vitrages acoustiques des baies intérieures.
Dans ce sens long d’observation, les tranchées lumineuses des sheds détachent les plafonds des salles qui semblent flotter entre leurs cimaises d’appui.
A hauteur d’homme, le rideau continu des claustras bois des galeries filtrent des stries de lumière blonde qui rebondissent entre parquets et plafonds.
La distribution symétrique des lumières dispensées par les sheds et le filtrage de vues sur le Parc créent l’effet recherché de concentration et de sacralisation des espaces intérieurs du Dojo et de la Salle de Force Athlétique.
Transversalement, l’espacement régulier des aires de combat du Dojo fixe la trame axiale des charpentes, des poteaux (que la hauteur des poutres-voiles des sheds permet d’espacer de 12m), des menuiseries, et des claustras extérieurs. Cette règle commune diffuse un ordre constructif silencieux qui nous semblait convenir à la solennité des rituels et la codification stricte des arts martiaux.
Cette organisation structurelle est reproduite, par souci de standardisation technique et économique sur le plan carré de la Salle de Force Athlétique avec le même effet spatial.
Enfin les charpentes, les parquets et les boiseries intérieures créent une impression de confort et suggèrent une filiation distante avec les dojos orientaux.
2014 / 2018
Photos : Antoine Mercusot - reportages 2018 et 2024





















